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VII

 

Que dire lorsque un soir, j’ai embarqué une femme sur mon embarcation. En détresse, je lui ai donné au souffle de ma voilure, l’horizon qui dresse l’accalmie aux tempêtes qui nous déchirent. Et de regards silencieux, de ceux qui scrutent l’âme, nos conversations s’étoffèrent. J’ai appris alors à relativiser mes souffrances aux discours des siens.

Elle avait parcourut si peu et tant qu’elle arborait en fanion, la couleur sans fond.

Mourante, je lui menais cette chaleur innée de ma personne. Oubliant mon ego pour pansait celle qui offrait quelques rares sourires. Des moments sur la voile s’y tissent tant notre relation allait au-delà du tabou des pensées.

Si bien qu’un soir, une de ces nuits où l’ivresse s’alcoolise trop, on a commit l’impensable.

 Culpabilité de ce qu’elle me faisait don, d’une mort avancée et d’une exportation de moi en elle.

 

Vision d’orages…

 

La peur a parcourut les ombres de mon âme. Ruines et saccagé, j’ai cru à l’échouage de mon rafiot.

Les yeux emplis de chagrins, elle n’a pas supporté d’être plus fautive.

Elle me demanda lors d’une des dernières rencontres comment je voyais le paradis.

Il apparaît encor à ma fenêtre, cet instant si banal au firmament, une sorte de traversée à la manche en plein hiver.

Décrire en quelques mots, une partition d’Eden…

Ces mots résonnent encor…

 

 

Le ciel est un océan

Les nuages des bancs

De sable, l'impensable

Le soleil y est présent

A toute saison

 

 

 

Elle me laissa une photo d’elle avec ces quelques mots qui me disait emporter une partie de moi avec elle. Elle me remerciait de tous ces instants de couleurs, de ce tableau paradisiaque…

J’avais aussi une promesse qui comme un nœud coulant, me demandait de ne pas dévoiler notre rencontre pour protéger ceux qui faisait famille éhonté.

 

Ma Eléonore, de là-haut, tu m’as délié à ce jour de ce vœu. En des larmes de feu, ont brûlé tous nos souvenirs terrestres.

Je leurs en veux par ce silence auxquels ceux qui ont brisé ce pacte même si leur innocence n’est point contestable, m’ont plongé aux abysses de la réalité.

 

Fin d’une promesse comme si toi, depuis ton beau nuage, tu voulais me libérer de l’impossible.

Au fiacre des actes humains, leurs balcons à communiquer n’ont qu’un souffle frigorifiant l’âme d’enfant qui flamboie en moi. Volonté d’être ainsi, pourquoi donc tant d’attitudes à me vouloir autre.

 

Ma folie que certains nommeront en ce propos me complaît. L’univers frétille en mon intérieur, peut y surgir à tout instant l’immensité paradisiaque. Et aux nuages aspirant, cet éphémère me happe d’un retour sur terre, je ne voie plus alors que le pas des damnés.

Trop de moral sans respect, trop de mots sans la définition profonde qu’observeront l’âme écouteuse de ces propos, trop souvent blessantes…   

Ne me reste plus que les couleurs en ma peau que je préserve silencieusement.

Lorsqu’elle m’abandonna délibérément sous les traces de ce paquebot.

Elle ignorait alors ma présence non loin comme si le destin me voulait témoin.

Tragique lorsque mes pieds touchèrent sol, la réalité de chair sans le vif d’un souffle.

Inanimée de regard, je l’ai pris en mes bras, la serrant pour refuser cet abandon dont elle me faisait acte.

Le temps silencieux, mon effroi béant, mes mains sur sa tête, la caressant de revenir, et ce vide, ce néant de réponse.

L’au-delà l’ayant déjà happée dans cette quiétude que nous tous cherchons dans ce bas monde.

 

Pleurant la disparition de deux êtres, j’ai fais promesse de tenir secret tout cela.

Son sang se mêlait à mes larmes et les gens hagards me regardaient attristé sans doute au drame qui se déroulait.

Tant d’impuissance et de révolte sortaient de mes cris de rage.

 

J’ai alors ramé de toutes mes forces et me suit enfuit avant l’arrivée de la patache.

 

Pour désespoir, j’ai plongé dans la mer pour me laver…Oublier… Se faire une amnésie, une tasse de thé sur le recoin de la cheminée…

 

J’ai eu la chance ou malchance de n’avoir eut sa maladie. Sida ravageur.

J’ai tu à tous durant de longues années, feintant que cela ne soit jamais arrivé tant, j’ai vécu un rêve cauchemardesque pour la fin survenu.

 

Alors, sur ce radeau, il est vain de me croire en Robinson ou en reclus. Mes souffrances sont comme à tant d’autres, un fardeau. Surtout lorsque la vie saigne au centre du cœur.

 

Il y avait dans son regard, tant de profondeur. Les roches paraissaient transparentes tant elle ne me cachait rien. J’y voyais en elle, un jardin floral en friche tant elle ne savait plus rien faire.

Des mimosas ensoleillés, des palmiers définissaient la cours intérieure. Tout autour, des roses s’enlaçaient aux tulipes, aux citronniers clairsemés, par-ci sous friche, des fleurs prenaient vie sans pétales, d’autres sans moindre couleur, transparente. Un jardin d’Eden sans plus de senteurs, le parfum illusionniste enivrait ses propos pour s’y camoufler lorsque je prenais discours à la colorier de poésie. Des planches brutes sur son radeau l’écorchaient, pourtant nul mot au délit de sa personne.

 Elle se larmoyait que rarement, tant en source intérieure tarit, son jardin brûlait sous un soleil satanique. Et le peu d’eau que j’apportais, elle me les refusait, ne voulant de pitié ou de redevance.

Sale caractère, j’ai du être là-dessus contaminée…

Aujourd’hui, en recul des souffrances qui parcourent nos âmes sous le regard de chacun, je quête plage pour m’envoler.

Balzac vécut jusqu’à percevoir sa plage. Il n’eut le temps de mettre les gazes en balisant sa piste de décollage. Les préparatifs furent écourtée, et prit vol trop tôt…

 

Comme tant de philosophe, atteindre sa plage, est-il synonyme de départ…

 

Cependant je l’ai peut-être aidée à faire de l’ordre en elle mais je ne lui pardonnerai jamais son départ, me privant le peu d’elle et de ce bout de moi qui nous restait à partager.

 Sans doute, a-t-elle comprit que je coulerai mon embarcation chablait au sien dans un grand feu de sourires avec elle.

 

Qu’elle ne voulait point de cela.

Je n’ai pas de réponse car elle n’est plus là.

 

Personne ne peut y répondre à sa place.

 

Alors lorsque je vois un bout de mon rafiot se disloquait, je pense à elle, me confortant qu’elle a besoin d’une trace de moi, là-haut.

Pour me dire aussi, je suis là, mon ami.

Rame et pousse ton rafiot, n’abandonne pas.

Calicot et mousse-toi beau, résonnent ces mots là

 

Entre elle et moi, c’est une histoire qui se dit et se dira à l’Amitié profonde sans ombre charnelle même si un accident est survenu.

 Voilà pourquoi plus d’alcool distillent mon verre.

Trop peur de revivre cette nuit-là, de perdre pieds.

Ressenti d’exaction envers l’humanisme que je prône de sincérité. Evidement, je ne suis pas un guide à suivre, en moi trop d’erreurs, de visions à corriger tant l’humain recèle d’options et peu de série perfectible…

Alors lorsque l’alcool remplace cette plage, mon vol n’a plus compas ou sextant sur radeau, trop de mirage qui détruise en lieu l’avenir …

VIII

Depuis quelques temps, au large sillonne un navire différent des autres. Quelque fois, prenant nage au contre-courant qui me déstabilise, je m’y rends.

Là de cet espace temps du patient, je discute avec son occupant blanchâtre tant il absorbe les douleurs et les détresses. Tant aussi il y en redonne des espoirs et quelques maigres consolations.

Les vagues se figent alors, le ciel suspend la danse du temps, tout s’arrête durant cet espace qui m’enlie avec cet ange déguisé.

 

La temporalité passe sur lui plus vite que pour nous autre. A croire qu’il vieillit à nos maux tant il se grisaille de l’enfer de nos âmes. 

Maigrichon, son visage reflète à l’enfant, la sincérité de soulager le pire. Derrière ses binocles, ses yeux scrutent l’horizon pour avancer sur terrain miné, il désamorce alors une à une, les pensées dévastatrices.

Et ses mains se lient parfois pour conforter sa position, le recul manque de ci et de là lui qui a revêtu le corps des hommes. 

 

Encor ce soir, l’arôme bucolique de ces propos apaise mes douleurs à l’état de démâter la voile et jeter le gouvernail dans le méandre de l’impuissance. Quelques degrés de compassion ont suffit à panser mes souffrances le temps nécessaire pour ne pas faire d’acte trop impulsif…

Je le remercie en ces quelques mots de toutes ses chaleurs à me réconforter pour que je puisse rejoindre dans cet océan de froideur, ma frégate.

 

Il y a aussi en ces lignes un autre voyageur parti dans la fumée. Il prit soin de ma longitude et n’oublierais jamais ces quelques mots de lui.

Résonnent en cloches ce tintement ces mots forts et unissant.

L’immense peine à le voir disparaître si prématurément m’occasionne prêchi-prêcha à mon âme, chagrins.  Sa prégnance faisait contraste à mon souffle expié.

Il me parla comme un ami, comme un père à son enfant meurtri, pleurant tous ces rêves détruits. Il m’a nullement consolé, ni imprimé de pilules à ensevelir mes tourments.

En peintre, il a de son pinceau à mots, peint sur mon regard, des couleurs à m’aimer, à ne pas entrer sous le marasme entremêlé du tunnel à ternir l’éclat de la vie.

Il a imprimé des projections qui se résument en ces mots du clopiné audité.

Qu’au dernier ne souffle sur voilure, nu de regret, nulle vapeur sur le voile du linceul…

Il manque à mon existence.

 

Allongé, nu, blancs

Draps d’hôpital, si livide

J'ai vu le ciel insipide

Trop de blanc au blanc

 

Mystérieuses dames blanches

Où l'homme savant s'épanche,

Auscultant aux tréfonds du corps

L'épave engloutie, l’âme

 

Et avant mon obscur mort

J'ai pris d'autre rendez-vous

Et aussi fort qu'au lie drame

Les roses pleurent de rosée

 

Malin rat rongeur, dégoût

Je ne sais sa destinée

Parfum, chagrin de la peine

Dans ces matins en long déclin

 

Le vent soufflera mon haleine

De ces instants, boite d’écrin

Battements des beaux jours

A jeun, esse d’amour

 

Eternelle, la chambre de mon âme

Et au tourbillon du temps

De ma passion à mes cendres, douce lame

Mes mots voleront aux feuilles d’amants

 

Ou encore

 

Tout est inscrit,

Le chemin est secondaire, la route capitalisée embouteillée

Tout est prescrit,

Médicaments antidépresseurs, duplicités suroxygénées

Relax, to be for not to have

Relax, toubib, forme d’enclave

In .com, prit un comprimé blanc

Incompris, un con brimé, au fond

 

Tout est sous ordonnance

Toc, hume ou exhume

Tout est sous ordre d’obéissance

Dock, sûmes ou assume

Destin à la naissance

Défunt pour parfums

Exploits, toutes ses connaissances

En sachant, à chacun son delirium.

 

Un bleu pour relaxant

Un autre en blanc

Et un tout dernier en rouge

Circonscrire la liberté farouche

Dans cet univers parallèle, égalité

Aux autres qu’on assomme aussi, fraternité

Etoiles, vertiges et sommeils

Assassins du paradis, gare à nos réveils !

 

 A feue Docteur Pierre DAX.

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