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XV

 

Le silence s’installe, les lumières crépitent au ciel, l’orage s’amoncelle, les vagues creusent des puits où je me retrouve tout au fond. J’entends des chants au loin, des sirènes de peurs. Je centralise ma pensée sur cette griffe qui encercle ma Rêvéalité.  M’agrippant de toutes les forces restantes, je tiens le gouvernail vers ce qui me semble mon cap à travers.

Tape le radeau à s’y démonter, je lutte jusqu’au bout, l’épuisement me guette.

 

Et là, une lumière, un phare guide mon cap.

 

Pourquoi à cet instant, pourquoi ne le vois-je jamais avant ? Toujours à l’instant où je vois la fin, recommence cette inlassable quête de l’espoir.

Quand aurai-je droit de mourir aux lames de la mer ?

 

Mon désespoir ne cesse de croître, il est sans doute tant, que je défasse mon radeau. Recycler ce qu’il est en ce qu’il sera. De faire un cercueil flottant avec un flottant sans toit. Le bois pourri le crucifiant dans un linceul à plonger par des flammes d’artifices, mon départ en cendres dans la continuité que vous ne soufflez tant vous perdez votre grammaire à penser aux profondeurs de cette pensée. Cependant, en fil d’arrivée, nous gagnons tous à la franchir sous une corne de brume mortuaire.

 

Les gémissements ne sont que des ancres à franchir le ponceau.

 

Vous qui médisez mon écriteau sur l’événement.

Vous qui raidissez à la lecture de ma clairvoyance, soyez assurés que je ne cherche à manipuler vos pensées.

Ici même, je traduis mienne, les bagages d’un voyage corporal où je prostitue la vision du corps en celle d’une céleste ouverture de mer. Franchir entre ces rideaux, j’ai assisté au spectacle de leur procession à la lumière divine que tant nomme Eden.

Pour vous, il est tôt pour concilier nos sujets en un point culminant, l’abstraction absolue.

Dans ce langage de glace, tant il y demeure de froideur à dilapider celle de l’itinérant que j’ai pu acquérir, mon cercueil aura fini de flotter au lames entourant toute rancœur à ce dernier voyage.

 

Et dans une bise de fleurs invisibles, je me retournerai face au céans profondeur de l’océan, là où la vie n’est pas palpable.

Fatigué aux reliefs de la rosace, aux couleurs à ressusciter, j’abandonnerai ma quille et cale pour ce bon de transport en aller si simple.

On nait d’un spermatozoïde et d’un ovule, confectionnant ensemble l’être de l’amour.

Si on recherche plus avant, la chimie laisse planer des ombres que vous pouvez tenter d’expliciter. La mort l’est tout autant.

Et tout comme le paquebot partant sur une rive lointaine. Surgissant dans un dernier cri d’adieu, la fumée sera la dernière trace de mon départ.

Flotté aux remous de la terre et sombrer aux étoiles mourantes. M’engouffrant dans les profondeurs de vos méandres, disparaissant de cette surface « irrêveuse ».

De ce sous-marin d’étendard, au sonar de mon tréfonds, vous demeurerez attendant là, non volontaire sans doute, votre tour-opérateur.

Sachez qu’avant, en préparatif, sur la froidure du baiser coronaire, j’emporterai inutilement trois coloriages de mon passage.

A l’intérieur, dans ce compost corporal, j’y enfouirai toutes les plus belles fleurs de l’âme dont celle de l’ange de mains.

 

J’y collerai sous le couvercle, la photo de mes enfants.

 

Et sur le couvercle, je graverai ces mots séants

 

Le jour de ma mort

Il y aura un p’tit coin de paradis

A travers le chagrin, pluies sur mon piètre corps

Je dormirai à jamais dans vos cœurs,

Là où rien ne meurt, ne s’oublie

Le glas aura sonné pour m’envoler

En partance pour tout voyage, fleurs.

 

La vie est une chanson,

La famille, les amis…, les paroles

Chaque lettre nous unissons

 

Le jour de mon départ

Il y aura un p’tit coin de port

A travers le silence, quiétude de remords

Je reposerai d’écumes non loin du phare.

Là où même mes désirs demeureront

Là où même votre amour illuminera ma nuit

Ecueil de mes cendres, récif de moussaillon.

 

La mort est un refrain

La famille, les amis…, l’envol

Chaque mot nous unissons

 

Le jour de ma mort

Il y aura un p’tit coin de vous

A travers nos souvenirs, images coagulés

Je voguerai dans d’autres poésies, d’autres décors

Là où le néant demeure, l’infini sans bout

Là où même nous renaîtrons pour le jamais

Brève séparation pour consoler nos mémoires

 

L’amour est une rémission

La famille, les amis…, pot de colle

Chaque phrase nous unissons

 

Le jour de mon départ

Il y aura un p’tit coin de paradis

A travers nos adieux, sincérité de s’aimer

De candeur, mon cercueil étendard

Là où gaieté reprendra vie

Là où même vagues ne rugissent de salinité

Pelles, pioches, croix de bois, brûlez-les

 

L’éternité est un néant

La famille, les amis…, couronnes.

Chaque mort nous unissons…

 

 

 

 

Cependant, l’hypocrisie d’oignons, des gouttes irritantes, pardonnez, ne venez point contempler la parade de mes cendres volatiles.

 

Au cap de mon enfance, elles se marieront à mer, fertilisant de ma pensée carbonisée, les enfants des abîmes…

 

 

 

 

XVI

 

De là, commencera pour moi, la vraie aventure que je vais vous raconter.

Nul artifice, ni artificiel, la vérité d’un poète que l’on ne crut…

 

Imaginez au corridor de la rivière, un ponceau enjambant une lumière translucide, le royaume de l’allégorique.

 

Imaginez aussi, la vision qui euphorise l’arrivée de couleurs et de senteurs qui vous enivrent.

 

Nul stratagème, juste de la magie mortuaire, cet au-delà que nul ne voit.

 

Imaginez, un ruissellement de mots sans bruits adoucissant vos peines, détruisant les racines de vos maux pour y faire luire la plénitude.

 

Imaginez nulle attraction, nul tour à finir d’endormir ce sommeil éternel.

 

Rien qui ne détruit, point de mutilation, juste une bise mortuaire qui vous propulse à l’état doux d’un ange doté d’une mélodie sans fausse note.

Conversant dans une musique sans note, le tempo stimule les sens éveillés à ce trépas, de voir par des yeux clos, de ressentir par une main sans matière, et tant que je n’aurai acte à tout dévoiler.

 La découverte fonde des entendements que les plus réticents comme Saint-Thomas ont besoin de percevoir par eux-mêmes.

Que de cette symphonie, des instruments enjouent votre âme à vibrer un solfège sans règle, sans noirceur.

Immobile, vous m’écoutez, pensant sans doute à l’affabulation.

Est-ce du rock, du blues, du classique, et tant, que je ne saurai mettre mot à tout ce qui n’appartient plus au monde de la matière.

 

Imaginez malgré tout, que l’alcool, les fumoirs, les acidités ne soient plus qu’un friselis.

 

Imaginez, imaginez l’impensable, ce qu’un poète voit même si son corps s’agrippe à ce plancher…

 

 

Non, décidément, en vos regards, se lisent trop de barrières, de chaînes à vous pilonner d’électricité statique.

Pourtant si vous pouviez entrevoir juste un morceau de cet au-delà.

 

Je transcris de vos silences malins, cette ironie que le juge applique en sentence comme étant la preuve irréfutable…

Personne n’en est revenu !

 

Comprenez la cause.

Reviendriez-vous sur cet océan d’enfer si vous parveniez au zénith de votre latitude…

Alors maintenant, parlez autant que vous le voudrez, expliquez ma folie. De preuve, vous réclamez.

 

Celle d’un poète n’a nulle valeur en ce milieu.

Trop d’embuscades au style de l’existence sociétaire.

Affligeant constat que le mensonge existentiel du père Noël fait perdre toute sublimation.

Consternant aussi de découvrir que mûrir, devenir l’adulte, finalement se métamorphose en rings, coups sur coups. 

Trop de douleurs pour lutter à vos réponses, une fin sans fin…

 

Si l’enfer ne se localise pas sur cette terre, je m’incline à votre pensée, vain débat.

 

Dommage…         




Un simple troubadour rêvant à cette plage quelque part,   dans votre nul part...                                                             

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